Pakistan : les femmes et les filles, premières victimes
02/09/2010
Depuis le début de la catastrophe humanitaire au Pakistan, il y a un mois, PLAN a apporté une aide d’urgence auprès de centaines de milliers de victimes. Nos équipes interviennent dans les camps de déplacés, luttant contre les risques d’épidémies liées à la contamination des eaux. Les conditions de vie y sont extrêmement difficiles, plus particulièrement pour les femmes et les filles.
« Ce qui m’a le plus choqué, c’est de voir combien les femmes souffraient ».
Depuis un mois, les victimes, précipitées dans des camps de réfugiés où il manque de tout, attendent désespérément une aide humanitaire qui arrive au compte-goutte. Bien sûr, les femmes et les enfants sont toujours les plus vulnérables en pareille situation.
Nombre des sinistrés n’ont pas eu le temps d’attraper quoi que ce soit avant que les flots impitoyables ne rasent leur village et ne les précipitent dans ces camps. Sans vêtements de rechange, ils portent encore, pour la plupart, ce qu’ils avaient sur eux lors de leur fuite. Mais tandis que les hommes s’arrangent comme ils peuvent pour se laver dehors, avec les moyens du bord, les femmes, elles, n’ont d’autre option que de prendre leur mal en patience. Leurs conditions d’hygiène sont déplorables voire, dans le cas des femmes enceintes ou en périodes de menstruations, catastrophiques, et ce n’est pas là leur seul tourment…
Des femmes séparées de leurs maris
Aqeela, 14 ans, raconte comment elle est son bébé de deux mois ont fui : « nous avons été avertis, la nuit, de la montée des eaux par les hauts parleurs de la mosquée. Nous avons donc couru, au milieu des cris d’autres femmes. J’avais très peur. Nous avons réussi à atteindre une berge surélevée où nous avons passé la nuit. Le matin, nous avons vu les maisons détruites, et toute cette eau autour. Quelques hommes sont restés, sur les toits des maisons, d’autres étaient accrochés sur des arbres. » Beaucoup de femmes ont ainsi été séparées de leurs maris.
Le statut des femmes dans une telle catastrophe
La notion de culture prend ici tout son sens, et vient éclairer un enjeu souvent négligé par l’urgence : celui du statut de la femme au sein de la société pakistanaise.
Vivre, ou plutôt survivre : cernées de centaines d’étrangers relève de l’inédit pour ces femmes qui n’avaient, pour la plupart, jamais été en contact avec d’autres hommes que ceux de leur entourage proche. Religieusement dissimulées des pieds à la tête, elles incarnent l’honneur de la famille. Mais il n’y a pas de place pour la dignité dans les camps de réfugiés : les enfants dorment tous ensemble, à même le sol et parfois très proches les uns des autres.
Pour aider PLAN à venir en aide à ces femmes, vous pouvez faire un don à notre fonds d’urgence.
