Comment transformer la préoccupation en changement durable

D’après un récent rapport de l’UNICEF, plus de 19% des enfants dans le monde vivent dans l’extrême pauvreté. La plus grande partie de ces enfants vit en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Cependant, même dans les pays à revenu intermédiaire et élevé, ce problème demeure. En France par exemple, le taux de pauvreté infantile est d’environ 21,9%. On peut donc remarquer que la vulnérabilité infantile est une réalité où qu’on se trouve. Voir ces chiffres entraîne la préoccupation de tout le monde. On s’apitoie et on se dit qu’il est important de mener des actions pour réduire la pauvreté infantile. Le problème, c’est qu’on a du mal à franchir le pas de la préoccupation aux vraies actions. Alors, comment peut-on passer de la simple préoccupation à des actions qui transforment la vie des enfants ?

La situation préoccupante des enfants à travers le monde

Comme vous avez pu le constater, la situation des enfants à travers le monde est inquiétante. Le phénomène touche aussi bien les enfants vivant dans les pays en voie de développement que ceux développés.

Les pays en voie de développement comptent le plus d’enfants vulnérables

Enfants vulnérables

Des centaines de millions d’enfants vivent dans l’extrême pauvreté en étant privés des choses essentielles et basiques comme l’eau potable, l’alimentation suffisante et les soins de santé. À cela, il faut ajouter le fait que plus de 251 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés dans le monde. Dans les pays avec de faibles revenus, près d’un enfant sur 3 en âge d’aller à l’école n’y va pas. Ce chiffre est de 3% dans les pays riches. Ainsi, l’éducation qui est censée être le pilier du développement n’est pas à la portée d’un grand nombre d’enfants.

La situation des enfants est aggravée par diverses situations comme les conflits armés, les crises sanitaires et les catastrophes naturelles. Des familles entières sont obligées de se déplacer, ce qui expose les enfants à des traumatismes divers.

Par ailleurs, le travail des enfants est encore une réalité aujourd’hui et touche environ 138 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans. Pire, environ 54 millions d'enfants effectuent des travaux dangereux qui mettent en péril leur santé et même leur vie. Tout cela les prive de leur enfance et compromet leur développement physique et mental.

La France aussi touchée par ces réalités

En raison du niveau de développement de la France et de son système de protection avancé, on pourrait penser qu’il n’y a pas de situations de précarité des enfants en France. Et pourtant, la réalité est différente. Le taux de pauvreté infantile est d’environ 21% en France et ce phénomène touche particulièrement les familles monoparentales.

Un autre problème auquel les enfants font face en France est l’inégalité dans l’accès à l’éducation. On observe en effet des écarts importants en fonction des territoires et des milieux sociaux. Les enfants de parents issus de l’immigration et ceux qui grandissent en « cités » font partie des couches les plus vulnérables.

Le soutien structuré, première étape pour mener de réelles actions en faveur des enfants

En face de toute cette précarité que vivent les enfants à travers le monde, la première réaction est généralement la compassion. On est triste, en colère et on a un sentiment d’impuissance. Ce sont des sentiments normaux quand on voit la souffrance, mais on peut faire bien plus avec de vraies actions, notamment avec le soutien structuré.

Qu’appelle-t-on soutien structuré ?

Le soutien structuré se distingue de l’aide ponctuelle par sa capacité à créer des systèmes durables pour la protection et l’accompagnement des enfants. Avec le soutien structuré, on ne répond pas seulement à une demande urgente de façon immédiate. Il faut mettre en place des mécanismes pour comprendre les causes du phénomène avant de chercher des solutions.

Ainsi, plusieurs éléments clés sous-tendent ce type de soutien. On a entre autres :

  • L’analyse des besoins réels,
  • La coordination entre les différents acteurs impliqués,
  • Le suivi régulier des actions,
  • L’évaluation continue de l’impact des actions menées.

Les enfants eux-mêmes doivent être impliqués dans la conception des programmes les concernant. C’est une façon de reconnaître leur capacité à être acteurs de leur propre développement.

Quelles sont les composantes d’un soutien structuré ?

Pour qu’on dise d’un soutien structuré qu’il est efficace, il faut qu’il soit organisé autour de plusieurs composantes. D’abord, il y a l’accompagnement éducatif. Il ne doit pas se limiter uniquement à la scolarisation, mais doit aussi inclure le soutien scolaire, les activités périscolaires enrichissantes et le mentorat par des adultes.

Ensuite vient le soutien psychologique et social. Il est essentiel pour les enfants qui ont vécu des traumatismes ou qui évoluent dans des environnements instables. Un autre pilier du soutien structuré est la santé. Les enfants doivent avoir un accès facilité aux soins préventifs et curatifs et à une alimentation équilibrée. Enfin, un logement stable et sécurisé ainsi que l’inclusion sociale forment aussi une base importante au bon développement de l’enfant.

Qui peut participer au soutien structuré ?

Pour que le soutien structuré fonctionne, il faut une mobilisation coordonnée de plusieurs acteurs. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) spécialisées dans les droits des enfants sont les acteurs les plus impliqués dans le soutien structuré. Elles se chargent de déployer des programmes adaptés aux réalités locales des enfants et de concevoir des plans pertinents pour leur bien-être.

Les institutions publiques sont aussi concernées par le soutien structuré. Elles ont la responsabilité de garantir le cadre légal et les ressources nécessaires à la protection des enfants. Les collectivités territoriales peuvent par exemple mettre en place des politiques publiques ambitieuses sur les plans de l’éducation, la santé et les loisirs pour les enfants vivant sur leur territoire.

Le secteur privé ne doit pas être du reste quand on parle de soutien structuré. Les entreprises ont en effet la possibilité de contribuer par leur savoir-faire et leurs ressources financières. Il y a par exemple des entreprises qui développent des programmes de responsabilité sociale axés sur l’enfance.

Même les citoyens peuvent s’impliquer dans le soutien structuré des enfants. En tant que citoyen, vous pouvez vous mettre dans les activités bénévoles pour les enfants ou participer aux instances de gouvernance des associations. À petite échelle, vous pourrez contribuer au bien-être des enfants.

Les dons éclairés, la meilleure façon de participer au bien-être des enfants

Quand on voit des enfants souffrir, notre première intention peut être de donner. Cette générosité spontanée est admirable, mais n’est pas toujours efficace. Il est en effet préférable de donner tout en sachant comment cet argent sera utilisé. Vous êtes ainsi certain que votre argent ne finance pas des actions peu impactantes.

Comment fonctionnent les dons éclairés ?

Pour effectuer un don éclairé, vous devez d’abord faire une recherche sur les organisations qui luttent pour la cause des enfants. Vous devez chercher leurs missions précises et les résultats concrets qu’ils ont. Vous pouvez aussi vérifier la façon dont elles utilisent l’argent qu’elles reçoivent. Normalement, vous ne devez pas avoir de mal avec cette étape, puisque les organisations sérieuses publient des rapports annuels qui détaillent leurs activités et leurs finances.

Vous pouvez ensuite passer par des dons affectés pour soutenir les enfants. Contrairement aux dons génériques qui vont directement dans le budget global des organisations, les dons affectés sont utilisés pour des projets spécifiques. Vous pouvez même suivre la progression de ces différents projets et connaître leurs impacts. Concrètement, au lieu de juste donner pour les enfants défavorisés, vous pouvez donner pour la construction d’une école en zone rurale par exemple. Les dons affectés peuvent donc prendre plusieurs formes. Vous pouvez choisir de financer :

  • La rénovation des établissements scolaires,
  • La création d’espaces de jeux sécurisés,
  • L’aménagement de centres d’accueil pour les enfants en difficulté,
  • Etc.

Comment connaître les opportunités de dons éclairés ?

Il arrive qu’on ait envie d’effectuer des dons, mais sans savoir vers qui se diriger. Il existe un grand nombre de ressources par lesquelles vous pouvez passer pour connaitre les opportunités de dons éclairés.

En France, il est possible de passer par les plateformes de certification et d’évaluation des associations. Elles permettent de savoir si l’organisation vers laquelle vous vous tournez est réellement fiable en matière d’aide pour les enfants.

Les associations et ONG organisent aussi des rencontres directes sur le terrain, avec des volontaires. Ces derniers se chargent d’expliquer aux passants le bien-fondé de leurs actions et vous invitent à participer. En marchant dans la rue, vous pouvez commencer à faire de plus en plus attention à ces volontaires qui demandent quelques minutes de votre temps.

La transparence est un point essentiel quand il s’agit de donations. Lorsque vous choisissez d’effectuer des dons à une association pour le financement d’une cause particulière en faveur des enfants, vous devez pouvoir suivre ce qui est fait avec votre argent. Vous pouvez poser des questions, demander des comptes et vous assurer que ce que vous donnez produit réellement les effets escomptés. Cette démarche amène les associations à réellement faire le travail en faveur des enfants et améliorer leurs pratiques.

L’importance de l’engagement à long terme pour les enfants

Engagement à long terme

Les difficultés que rencontrent les enfants ne finiront pas en quelques années. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Votre don et vos actions ponctuelles sont importants et participeront à l’amélioration des conditions de vie des enfants. Cependant, ils ne suffiront pas. Un enfant qui grandit dans la pauvreté et qui manque d’accès à l’éducation, a besoin d’un accompagnement sur plusieurs années afin de rattraper son retard.

C’est pour cela qu’il est important de s’engager sur le long terme. Vous pouvez ainsi participer à la création d’un environnement prévisible et sécurisant pour les enfants, afin qu’ils puissent se projeter dans l’avenir sans problème.

L’engagement sur le long terme concerne aussi bien les particuliers que les entreprises. En tant que particulier, vous pouvez choisir de parrainer des enfants par le biais de diverses organisations internationales. C’est une forme d’engagement sur le long terme qui vous permet de suivre l’évolution d’un enfant sur plusieurs années. Vous contribuez à son éducation, sa santé et son développement sur plusieurs années.

Une autre façon de procéder en tant que particulier est d’effectuer du bénévolat sur plusieurs années. Il existe un grand nombre de métiers en faveur des enfants que vous pourrez pratiquer en tant que bénévole. Vous pouvez notamment devenir accompagnateur scolaire ou animateur dans un centre social. Avec ces rôles, vous participez à donner des repères stables aux enfants.

Il est aussi possible d’effectuer des legs et des donations planifiés. Vous vous engagez ainsi au-delà de votre vie. Pour cela, il suffit d’inclure dans votre testament, une clause en faveur d’une organisation de protection de l’enfance.

Les entreprises disposent de moyens beaucoup plus importants pour s’engager sur le long terme. Elles peuvent avoir un programme afin de mettre les compétences de leurs travailleurs au service des enfants. Une ou deux fois par an, l’entreprise peut choisir de faire du bénévolat en faveur des enfants. Cette stratégie peut être ancrée dans la culture de l’entreprise. Ainsi, les hommes passeront, mais les actions continueront.

Bien entendu, les entreprises ont aussi la possibilité de donner de l’argent de façon annuelle aux associations en faveur de la protection des enfants. Elles peuvent également créer une association qui travaille directement pour les enfants. L’association pourra fonctionner avec les bénéfices effectués par l’entreprise. C’est une façon de reverser une partie des bénéfices à une cause importante qu’est le bien-être des enfants.

Faites le pas. Passez à l’action !

Que vous soyez particulier ou entreprise, les petites actions que vous pourrez mener à votre échelle sont importantes. En tant que particulier, autour de vous, il est possible de voir des associations qui luttent pour la cause des enfants. Pensez aux causes qui vous intéressent le plus et à la façon dont vous voulez que votre argent soit utilisé. Même si vous n’avez pas d’argent à donner dans l’immédiat, il est possible de vous engager auprès des associations pour les enfants, afin de travailler avec elles.

Les entreprises qui veulent s’engager peuvent d’abord réaliser un diagnostic de leurs impacts actuels sur les enfants. Il est en effet possible que leurs activités impactent directement ou indirectement les enfants. Grâce à ce diagnostic, l’entreprise peut identifier les points d’amélioration pour que ses actions aient encore plus de sens pour les enfants.

Le processus pour transformer notre préoccupation en action n’est pas aussi compliqué. Il suffit de faire le pas et d’aller vers les personnes physiques ou morales qui travaillent pour la cause des enfants.