Les quartiers comme premiers remparts de la protection des jeunes
La protection des enfants dans les communautés commence par les quartiers, c’est-à-dire au plus près de leur quotidien. De nombreux dispositifs sont en effet installés dans les quartiers pour suivre les jeunes dans leur évolution.
Les espaces de veille et d’accompagnement
Lorsqu’on parle d’espace de veille et d’accompagnement, on fait référence aux centres sociaux. En France, il s’agit de l’un des maillons les plus importants de la protection des jeunes dans les quartiers. Les centres sociaux sont des espaces polyvalents qui peuvent accueillir les enfants après l’école et pendant les vacances. Ils n’offrent pas seulement des activités de loisirs, mais sont aussi des lieux d’observation. Les animateurs et les travailleurs sociaux dans ces endroits peuvent détecter les signes de difficultés familiales chez les jeunes qui viennent.
Par exemple, si un enfant arrive régulièrement le ventre vide et présente des marques suspectes sur le corps, cela attirera l’attention des animateurs. Ils pourront ainsi activer les dispositifs d’aide appropriés en fonction de la situation. Il peut s’agir entre autres d’un soutien à la parentalité, d’une aide alimentaire, d’un accompagnement psychologique, etc.
Les maisons des adolescents pour les jeunes en difficulté
Les maisons des adolescents (MDA) ont été créées afin de répondre aux besoins spécifiques des jeunes de cette catégorie d’âge. Ce dispositif s’est développé sur l’ensemble du territoire français depuis le début des années 2000 et a toujours le vent en poupe aujourd’hui. Ce lieu offre un accueil gratuit aux jeunes de 11 à 25 ans et leur permet de rencontrer des professionnels de la santé, des éducateurs, des psychologues, des conseillers juridiques, etc.
Dans les MDA, l’approche est basée sur la reconnaissance de la parole aux jeunes et sur leur capacité à être acteurs de leur propre protection. Un adolescent qui rencontre divers types de difficultés, comme les violences familiales, les addictions, les harcèlements scolaires, et autres peut se diriger vers ces centres sans que ses parents en soient informés. Ce qui fait la force des MDA, c’est l’accessibilité sans barrière administrative. Les jeunes qui ne consulteraient pas spontanément les centres d’accueil peuvent se rendre dans les maisons des adolescents.
L’école comme sentinelle dans la protection des jeunes
Dans le dispositif de protection des jeunes, il y a l’école où ils passent une grande partie de leurs journées. L’école dispose de personnels formés à la détection et au signalement de situations préoccupantes envers les jeunes.
La disponibilité de différentes équipes éducatives dans les écoles
Les écoles ne contiennent pas seulement des enseignants. Bien sûr, les enseignants eux-mêmes ont la capacité d’accompagner les jeunes au-delà de l’école et de leur donner des conseils sur la vie courante. Mais en plus de cela, les écoles disposent de diverses catégories de professionnels pour la protection des élèves.
On a par exemple les infirmiers scolaires qui jouent un rôle important dans la chaîne de protection. Pendant les consultations individuelles, ils sont capables de détecter les problèmes de santé qui sont des signes de négligence parentale, de troubles alimentaires et des traces de violence. Ils peuvent utiliser leur position de professionnels de la santé pour avoir une relation de confiance avec les élèves.
On a également les assistants de service social scolaire qui sont présents dans les lycées et les collèges. Leur rôle est d’intervenir auprès des élèves et des familles pour parler des difficultés sociales pouvant impacter la scolarité des jeunes.
La présence des cellules de veille
Dans de nombreux établissements, on retrouve aujourd'hui des cellules de veille. Leur rôle est de réunir les différents professionnels qui travaillent dans l’école pour parler des situations d’élèves préoccupantes. Lors des discussions, les professionnels peuvent partager les informations (dans le respect du secret professionnel, le cas échéant) et coordonner les interventions. Ainsi, si un élève est repéré comme fragile, il peut bénéficier d’un accompagnement sur plusieurs plans.
Des protocoles de signalement sont mis en place pour que les informations remontent efficacement aux autorités compétentes, en cas de danger d’un enfant. Dans chaque école, on retrouve une cellule de recueil d’informations préoccupantes dont le rôle est la centralisation des signalements.
Les programmes de prévention dans les écoles
L’école ne se contente pas de réagir aux situations problématiques lorsqu’elle les remarque. Elle intervient aussi dans la prévention, afin que ces situations n’arrivent pas. Ainsi, elle met en place de nombreux programmes permettant aux jeunes de mieux se connaître et d’avoir les compétences nécessaires pour se protéger eux-mêmes. Les interventions sur le harcèlement scolaire sont aujourd’hui devenues systématiques dans plusieurs établissements. Elles apprennent aux élèves à identifier les situations de harcèlement et ne pas rester spectateurs de ces situations.
Les écoles font aussi des séances d’éducation à la vie affective et sexuelle. Ces séances incluent des modules sur le consentement, le respect du corps et la prévention des violences sexuelles. Les jeunes ont ainsi les clés pour mieux comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
Les associations: un rôle important dans la protection des jeunes
La protection des jeunes au niveau communautaire est aussi assurée par les associations. Elles arrivent parfois à jouer valablement le rôle des structures institutionnelles et apportent de la flexibilité dans la protection des jeunes, de par leur proximité.
Les associations d’aide à l’enfance en danger
On connaît beaucoup d’associations d’aide à l’enfance en danger. Elles ne sont pas seulement présentes en France, mais dans de nombreux pays du monde et particulièrement ceux en voie de développement. C’est le cas de l’Enfance et Partage, la Voix de l’Enfant, SOS Villages d’Enfants, etc. Ces associations ont généralement plusieurs rôles, comme la gestion des structures d’accueil pour les enfants retirés de leur famille. Elles proposent également un accompagnement psychologique aux victimes de maltraitance.
De nombreuses approches adoptées par les associations dans la protection des jeunes ont inspiré les politiques publiques. C’est le cas des dispositifs de parrainage de proximité qui avaient été initiés par certaines associations. Ils permettent de tisser les liens durables entre un enfant placé et un parrain bénévole, dont le but est de lui offrir un ancrage affectif stable.
Les associations d’accompagnement scolaire
Il existe aussi de milliers d’associations qui organisent leurs travaux autour de l’accompagnement scolaire. Elles aident en effet les élèves dans leurs devoirs et leur offrent du mentorat. Leur travail concerne généralement les jeunes venant de familles défavorisées. Cette initiative est souvent portée par des bénévoles retraités, des étudiants et des parents d’élèves.
Une association connue ayant de telles prérogatives est l’association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV). Elle met en relation des étudiants bénévoles avec des enfants et des adolescents en difficulté scolaire, afin qu’ils bénéficient d’un accompagnement personnalisé. Outre l’accompagnement sur le plan scolaire, ces relations de mentorat permettent aux jeunes d’avoir des modèles auxquels ils peuvent s’identifier dans le quartier. La présence de ces associations montre qu’avec peu de moyens et en communauté, il est possible d’apporter de l’aide aux jeunes.
Les lignes d’écoute et les numéros d’urgence
Il existe des associations qui gèrent des dispositifs d’écoute téléphonique qui sont des voies de protection de la jeunesse. Par exemple, le 119 Allô Enfance en Danger est géré par le Groupement d’Intérêt Public Enfance en Danger. Il permet à tout enfant ou même adulte confronté à une situation de maltraitance de se faire écouter anonymement et gratuitement. Les écoutants évaluent la gravité de la situation et peuvent déclencher les interventions nécessaires.
D’autres numéros dans le cas sont le 3018 et le 3020 qui sont respectivement dédiés aux victimes de cyberharcèlement et de harcèlement scolaire. Avec tous ces numéros, les jeunes peuvent parler de leur situation sans aucune crainte.
La protection des jeunes gérée par les services publics de l’enfance
Les initiatives des quartiers et des associations sont faites pour prévenir et accompagner les jeunes. Elles peuvent cependant ne pas suffire et dans ce cas, il faut l’intervention des services publics.
L’aide sociale à l’enfance pour protéger et accompagner les jeunes
Dans chaque département de France, il existe des services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Ils sont chargés d’évaluer les signalements et de mettre en place des mesures d’aide éducative si cela est nécessaire. Ils peuvent également procéder au placement des enfants si leur maintien dans leurs familles représente un danger.
Bien évidemment, la priorité est toujours donnée au maintien de l’enfant dans sa famille. Les services s’assurent donc que celle-ci est capable d’assurer la sécurité du jeune et son développement. Ils suivent régulièrement la famille lorsque le jeune est chez elle et apportent un soutien à la parentalité. Si le maintien à domicile n’est pas possible à cause d’un problème ou d’un autre, l’ASE place l’enfant en famille d’accueil ou en foyer.
Les services de la Protection Maternelle et Infantile (PMI)
En France, les services d’aide savent à quel point il est important de prévenir plutôt que de chercher à guérir. C’est là qu’intervient la PMI, qui intervient dès la grossesse et la petite enfance. Ce service, via les sage-femmes et les puéricultrices, assure le suivi des femmes enceintes, surtout celles qui sont en situation de vulnérabilité sociale. Il accompagne également les jeunes parents dans les premiers mois de vie de leur enfant.
Les professionnels de la PMI effectuent des visites à domicile, afin d’évaluer les conditions de vie du bébé et de détecter d’éventuelles carences dans les soins. Ils peuvent aussi repérer les signes de dépression post-partum chez la mère ainsi que les difficultés d’attachement.
La justice de mineurs
Le juge des enfants a une place importante dans le dispositif de protection. Il peut être saisi par les services sociaux lorsque les mesures administratives ne suffisent pas à la protection de la jeunesse. Il peut alors prendre des mesures de protection judiciaire comme le placement, l’assistance éducative ou le retrait total de l’autorité parentale dans certains cas. Un enfant peut même saisir directement un juge pour lui expliquer sa situation.
L’intervention judiciaire apporte une protection supplémentaire aux jeunes, puisque les décisions prises s’imposent aussi aux parents. Les jeunes ont ainsi un cadre de protection juridique vers lequel ils peuvent se tourner.
Les partenariats intersectoriels pour la protection des jeunes
La protection des jeunes se fait aussi grâce à des partenariats divers. Ainsi, plusieurs acteurs en charge de cette protection collaborent entre eux, afin d’avoir des résultats plus efficaces.
Les cellules de recueil des informations préoccupantes (CRIP)
Les CRIP sont présentes dans tous les départements avec pour rôle, la centralisation des informations préoccupantes venant des différents acteurs de la protection des jeunes. Elles effectuent un premier tri des informations, afin d’éviter les doublons en cas de signalement de la même situation plusieurs fois, puis décident de la suite à donner. Le signalement peut être classé sans suite si l’information n’est pas fondée ou être envoyé au parquet en cas de danger grave et immédiat. Grâce à ce dispositif, on peut être sûr que les signalements ne se perdront pas.
Les partenaires locaux
De façon locale, les réseaux de protection de l’enfance collaborent entre eux. Les services départementaux, l’éducation nationale, la justice, la santé, la police, les associations mettent leurs efforts en commun pour cette noble cause. Ils constituent donc des espaces de coordination pour le partage des informations, le développement des protocoles communs et la pratique d’activités de prévention concertées.
Face au harcèlement scolaire par exemple, un partenariat entre l’éducation nationale, la police et les associations spécialisées peut permettre d’établir un plan global d’action. Il inclura la formation des enseignants, les sensibilisations dans les écoles, les permanences psychologiques, etc.
Le niveau local est là où commence la protection des jeunes. À ce niveau, il existe divers acteurs qui interviennent pour lutter contre les différents problèmes auxquels les jeunes peuvent faire face. Ces différents acteurs collaborent aussi entre eux pour que leurs actions soient plus efficaces.
🇫🇷 ALERTE INFO | L’Assemblée nationale a ADOPTÉ à l’unanimité une loi pour GARANTIR un avocat à tout enfant placé en famille d’accueil ou en foyer, ou suivi dans sa famille par les services sociaux. (AFP) pic.twitter.com/d20KGZe7Qa
— AlertesInfos (@AlertesInfos) December 11, 2025